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Consommation d’eau : Nous prenons virtuellement 58 bains par jour !

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Le rapport « impact de la consommation d’eau au Royaume-Uni sur les ressources mondiales en eau », met en lumière le fait que, bien que chaque personne au Royaume-Uni ne consomme « que » 150 litres d’eau par jour, c’est en fait 30 fois plus d’eau qui est consommée virtuellement pour produire les aliments que nous consommons et les vêtements que nous portons. Cela équivaut à environ 58 bains, par personne et par jour !

En lançant ce rapport dans le cadre de la Semaine mondiale de l’eau à Stockholm en août dernier, Stuart Orr, spécialiste de la question de l’eau pour le WWF-Royaume-Uni, a déclaré que son pays est le sixième plus grand importateur d’eau dans le monde.

« Seulement 38% du total de l’eau consommée au Royaume-Uni provient de ses propres cours d’eau, lacs et réserves d’eaux souterraines. Le reste est pris dans les cours d’eau de nombreux pays à travers le monde pour l’irrigation et l’agriculture, qui servira à nourrir les Anglais. Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est que d’énormes quantités de ces produits sont cultivés dans les zones plus sèches du monde où les ressources en eau sont déjà critiques ou susceptibles de le devenir dans un proche avenir », a ajouté Orr.

La consommation d’eau générée par les Anglais dans le monde…

Une tomate du Maroc prend demande 13 litres d’eau pour grandir alors que les différents ingrédients dans une tasse de café correspondent à 140 litres. Une chemise en coton cultivée au Pakistan ou en Ouzbékistan peut être irriguée par l’eau du fleuve ou les rivières qui alimentent la mer d’Aral en Asie centrale, mais cela peut représenter jusqu’à 2.700 litres d’eau.

La rivière Indus

La rivière Indus par lakshmanrawat

Les producteurs de coton du Pakistan ont récemment connu le niveau le plus bas de disponibilité en eau, et le fleuve Indus est souvent à sec avant même qu’il n’atteigne la mer. Cette pénurie a pour effet d’affecter les communautés vivants dans le delta de l’Indus ainsi que les espèces menacées comme le dauphin… L’irrigation des champs de coton a entraîné la perte de 60% de la superficie du fleuve et 80% de son volume au cours des 40 dernières années.

Plus près de nous, les oranges espagnoles et les raisins proviennent d’un pays où, plus tôt cette année, l’eau potable a été expédiée depuis la France en raison de graves pénuries !

« La plupart des gens ne sont même pas conscients qu’il faut d’énormes quantités d’eau pour cultiver la nourriture que nous consommons, bien plus que ce qui est utilisé pour boire et arroser la pelouse », explique Orr.

« Par conséquent, il est essentiel que les entreprises et les gouvernements identifient les domaines susceptibles de souffrir de crises de l’eau et développent des solutions afin que l’environnement ne soit pas surexploité, au point que la faune, la flore, mais aussi les habitants disparaissent… ».

Le WWF encourage de grandes sociétés telles que Marks et Spencer, à évaluer leur empreinte en eau. Une empreinte eau évalue la quantité d’eau qu’une entreprise emploie directement au robinet et mais aussi tout au long de sa chaîne d’approvisionnement et de production.

« Le secteur privé a un rôle très important à jouer. Il peut s’engager avec les gouvernements et les communautés tout au long de la chaîne pour soutenir une meilleure gestion de l’eau », a expiqué Orr.

En Inde et au Pakistan, le WWF travaille avec des agriculteurs quipossèdent des cultures comme le coton, le riz et la canne à sucre. Le but est d’explorer les moyens par lesquels les agriculteurs peuvent utiliser moins d’eau, tout en ayant de plus en plus de cultures. Dans une expérimentation menée sur une exploitation de canne à sucre, l’eau agricole utilisée a diminué de 40%, tandis que les rendements ont augmenté d’un tiers !

Au delà du rôle du secteur privé et des gouvernements, WWF encourage le public, consommateur, à demander « des comptes » aux supermarchés, producteurs, distributeurs, sur leur gestion de l’eau.

Téléchargez le rapport du WWF

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